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“Les filles ne savent pas boxer et quelques plumes volèrent…”

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Les projets “Les filles ne savent pas boxer” et “Quelques plumes volèrent” sont, comme dans mon précédent photo-reportage, “Voyage en Tsiganie” , animés par ma volonté de casser des préjugés et d’abimer ce “doux conformisme bien-pensant” qui nous donne à tous, des envies et des facilités de jugement ;En particulier sur des sujets qui nous sont parfaitement inconnus, pour ne pas dire des sujets que nous ne voulons pas connaitre…

La pratique de la boxe thaï, du free fight, du K1, et plus spécifiquement la pratique féminine des sports de combat en sont de parfaits exemples…

La boxe et les sports de combat, je les imaginais avec des séances de jogging endiablées sur un escalier, rythmées par une mélodie de cuivres dans la brume du petit matin; des frappes enragées dans un sac de cuir, le bruit d’une corde à sauter qui claque comme celui d’un fouet; gober des œufs au petit déjeuner, et savoir crier très fort le nom de sa petite amie…
Et oui, on court, on saute, tout le temps, on se colle des défis dans d’autres disciplines sportives souvent, on se met au poids, comme tout sport de haut niveau les coachs sont exigeants.Ils savent que l’adversaire le sera encore plus encore….Le premier combattant que j’ai suivi avait pour profession boucher…le préjugé a la vie dure parfois, vraiment !

Le premier constat que j’ai pu faire lors de ce reportage( qui est devenu une vraie aventure suivie par plus de 6000 followers) c’est que la plupart de ces sportifs(ives) de haut niveau ont une activité professionnelle dite « alimentaire » ; ce n’est donc pas l’argent qui motive ces passionné(e)s ! Comme dans le monde de l’entreprise et du travail, inutile de préciser que les différences de primes de combats ne sont pas équivalentes à celles des hommes…

Les moisissures qui maintenaient collées au mur (autant qu’elles les grignotaient) les affiches de prestigieux combats, menés par des teams s’entrainant dans une salle de la région lyonnaise, me renvoyaient directement à un sentiment d’abnégation et d’humilité.

J’ai vu dans ces entrainements des “gamins” de toute forme, de toute origine, entrainés par un coach n’hésitant pas à les responsabiliser, à les valoriser, travaillant dans l’écoute, dans l’acceptation de l’autre tel qu’il est, avec son histoire, son caractère, son handicap et surtout ses rêves. Il est évident que la boxe structure leur vie, leur permet de mieux se connaître pour atteindre des objectifs clairement identifiés: s’accepter soi, accepter les autres et tous ensemble se dépasser…

Je voudrais aussi souligner le travail de ces coaches, des hommes et femmes de l’ombre, des forgerons qui permettent aux champion(ne)s de conserver un moral d’acier et à toute épreuve, des bâtisseurs de carrières sportives, dont on imagine bien le rythme cardiaque littéralement exploser quand leur protégé(e) monte sur le ring…

Grâce à eux/elles, les boxeurs et boxeuses font beaucoup plus que boxer, ils/elles nous emmènent plus loin, là où ce sport nous rassemble tous : l’essence même de la vie et du combat que l’on mène pour lui donner un sens.

“Moi j’t’aurais dit que dans la vie, ce qui compte c’est pas l’issue mais c’est le combat” (Mano Solo)

Le néophyte reste scotché par la violence des impacts, par le bruit du souffle des boxeurs et boxeuses, le bleu des hématomes et les perlés de sang et de sueur mêlés qui scintillent sous la lumière blanche du ring…

Au-delà de ces impressionnantes manifestations physiques et esthétiques dues à la puissance et à l’engagement des combattant(e)s, j’ai orienté mon travail de manière à ne pas masquer la violence de certains coups, mais à ne pas en faire l’apogée non plus, l’essentiel n’étant vraiment pas là dans la boxe finalement…

A cette “violence” trop souvent utilisée à des fins commerciales, j’ai préféré la détermination, le respect, le partage, l’émotion et, dans le cas précis de cette exposition, la féminité …

Un combat de boxe c’est une vie en accéléré, des défis, des sacrifices physiques, financiers, du labeur, pour quelques minutes sur le ring. Des prises de risque, de la maîtrise, de la confiance, des souffrances, un véritable don de soi et des joies partagées. Mais ce sont surtout des gens qui apprennent à toujours se relever, au sens propre comme au sens figuré, à se remettre en question, à se dépasser, à aller de l’avant, et dès que c’est possible, vers “l’autre”.

Et lorsqu’ils/elles sont seul(e)s quelques minutes sur le ring, dans leur coin, leur team, leur seconde famille, cette seconde force, est toujours présente, comme elle l’était déjà à l’entrainement et dans les moments forts de leur vie.

Et les filles dans tout ça ? Eh bien oui, ces “filles qui ne savent pas boxer ” et qui n’ont surement pas envie que je parle de leur pratique féminine, de leur passion, de leur carrière, en d’autres termes que ceux utilisés pour les garçons. Et bien ce sont des filles, voilà tout …

Comme la plupart des femmes, elles ont peu d’amies femmes et pensent ” faire exception” en préférant trainer avec des garçons.

Comme la plupart des femmes elles ont des rêves accomplis, des attentes et des envies de maternité, de famille; Elles jonglent avec habileté entre les exigences de leur vie sportive, de leur vie professionnelle et de leur vie privée.

Comme la plupart des femmes, elles sont souvent très jolies mais ne nous croient jamais quand on le leur dit.

Enfin et surtout, comme la plupart des femmes, on leur en demande trois fois plus parce qu’elles vivent dans un monde machiste qui n’ose se l’avouer.
C’était là une raison bien suffisante pour les mettre en avant, elles, leur travail, leur détermination, et le fruit de tous ces efforts. Avec moins de cinq filles boxant en catégorie A, on n’arrive déjà plus à compter le nombre de médailles et de ceintures qu’elles cumulent et qui sont autant de motivation pour une nouvelle génération de championnes, ainsi que pour des centaines de filles boxant en “amateur” dans les autres catégories.

Avec cet impressionnant palmarès, Sandra Sevilla, Ielo Page, Laeticia Bakissy, Angélique Pitiot, Anissa Meksen (…la liste est longue et la jeune génération plus que prometteuse) sont autant de fières et dignes représentantes du Muay-thai au niveau international.

Malgré leurs titres et leur renommé mondiale, jusqu’en Thaïlande, pays berceau de leur discipline, aucune ne peut vivre correctement et complètement de la boxe…

Ces battantes galèrent à trouver des sponsors, et certaines, faute de combat, acceptent des jobs de saisons précaires.

Les opportunités sérieuses de boxer ne sont que trop rares pour ces championnes qui nous font tellement vibrer !

Elles n’ont pas hésité un instant à insuffler vie à ce projet dont l’objectif est de promouvoir la pratique de la boxe féminine bien sûr…mais pas seulement, et depuis plus de cinq ans maintenant.

L’objectif est de mettre en lumière le parcours et le potentiel des boxeuses, casser des préjugés, autant sur la boxe, que sur la pratique féminine du sport de haut niveau plus généralement.

J’en profite ici pour les remercier, elles et leurs clubs, les coachs, les amis au micro et ceux dans l’ombre, les associations et partenaires” L’Exterieur Le Haillan, Mercure Montpellier, le Kajyn Paris pour leur investissement sans condition dans ce projet au caractère résolument humain…

Pour soutenir le projet, vous pouvez commander des tirages, affiches ou livres dans la rubrique Galerie Photo Accès Public : https://www.jingoo.com/thomas-weber/ et suivre notre actualité sur facebook : https://www.facebook.com/thomasweberphotographe/

Me contacter pour me proposer des reportages en club, des reportages de gala ou pour tout projet concernant le sport féminin.

 

Une exposition permanente est présentée au Kajyn Paris
13 rue Faidherbe. 75011 Paris. +33 7 81 99 64 67.

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